15 décembre 2017
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La Villa Carrère

7 juil. 2014

L’architecture de la maison, située au 14 rue de Paris, est représentative de l’évolution des demeures créoles entre la fin du XIXe et 1920, la récession à cette période. Le premier niveau de cette habitation apparaît vers 1820, surmonté d’une toiture à quatre pans, percées de lucarnes permettant d’éclairer et d’aérer les chambres situées sous les combles.

La maison est rachetée en 1905 par le courtier et agent de change Raphaël Carrère. Quelques années plus tard, il ajoute un véritable étage à l’édifice. Vers 1920, la varangue est fermée par une menuiserie à petits bois. Le premier étage est couronné d’un fronton à double corniche. Les frises de lambrequins décorent les auvents.

Acquis en 2001 par la CINOR, l’édifice est complètement restauré en 2009. Il abrite aujourd’hui l’Office de tourisme Nord. Le rez-de-chaussée a fait l’objet d’un judicieux parcours d’interprétation évoquant le mode d’habiter et la sociabilité de la bourgeoisie créole de l’époque, tout en appréhendant l’histoire et le patrimoine des grandes demeures de la rue de Paris. On y trouve explicité l’organisation spatiale de ce type de demeure. La muséographie comprend un panel représentatif du mobilier de la fin du XIXe siècle, dans ce type d’habitation, ainsi que des objets et photos ayant appartenu aux anciens occupants des lieux. La chambre des parents a été reconstituée à l’aide de meubles en bois de natte ayant été réalisés à la même époque que la construction de l’édifice, par un artisan local.

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Chambre des parents (Villa Carrère)

Le guétali de cette maison est indicatif d’une typologie de terrasses non couvertes (probablement pour ne pas faire écran à la façade avant). L’édicule fait corps avec le mur de clôture qui donne sur la rue. Cela permet une position supérieure par rapport aux passants, à l’abri des regards, assis sur les bas bancs maçonnés tout en ayant la vacuité d’interpeller une connaissance en se levant. Le portail en pierre de taille supporte des grilles en fonte de fer ouvrant sur l’axe menant à la varangue fermée. L’allée est bordée de deux bancs. Diverses dépendances en maçonnerie de moellons, avec devanture en bois, sont flanquées contre les murs du fond de la cour. Les élévations latérales sont en essentage de bardeaux.

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