13 décembre 2017
Suivez-nous

L’humain pour nous, c’est Capital !

La préfecture

7 juil. 2014

XVIII siècle, la fondation

Au début du XVIIIe siècle sont placés sur le terrain de l’hôtel actuel de la préfecture et à proximité divers bâtiments en pierre ou en bois servant de logement et de communs au gouverneur et des magasins épars. Au mois de décembre 1731, l’ingénieur de la Compagnie Sornay attire l’attention sur le mauvais entrepôt offert par les bâtiments existants : « J’ai le chagrin de voir pour des sommes considérables de marchandises, cafés et autres effets renfermés dans des mauvais magasins de planches couverts de feuilles, exposés à périr ».

Un grand magasin est alors en cours de construction depuis 1728, mais les travaux n’avancent pas comme prévu. Dans une lettre du 20 décembre 1731, le conseil de Bourbon précise que les travaux sont retardés par manque de moyens : c’est la brique, la chaux et la pierre de taille qui manquent, tous les ouvriers et les noirs sont détournés pour transporter les marchandises, emballer et transporter les cafés au magasin, ou traîner des mâts ou des pompes, car nous mettons ces ouvriers indiens à tout usage.

En mars 1734, l’ingénieur Charpentier de Cossigny dresse les plans du « Grand magasin de Saint- Denis ». Cette construction constitue un noyau ou corps principal qui existe encore et c’est à partir de lui que vont partir tous les autres agrandissements. Cossigny avait prévu les extensions latérales. Mahé de La Bourdonnais va accélérer les travaux et optimiser les fonctions du bâtiment. Le projet de « grand magasin » devient la loge du gouverneur. Le bâtiment fortifié sert d’entrepôt de marchandises et d’armements. Il abrite le logement du gouverneur, ainsi que celui de certains de ses collaborateurs. Les toitures en terrasse construites en argamasse (plate-forme établie au sommet d’un édifice) servent à achever le séchage du café commencé sur les habitations. Mahé de Labourdonnais ordonne en 1738, la construction d’un pont volant.

JPEG - 184.1 ko

Le XIXe siècle

« Nous doublâmes la pointe nord de l’île en passant devant Saint-Denis (...) la vue de cette ville est agréable de la mer, mais comme elle est sur un plateau, on n’en découvre qu’une partie ; ce qu’on voit le mieux est l’hôtel du gouvernement construit sur la plage, il produit un assez bel effet ».
Auguste Billard 1817

Depuis les travaux du début de la période royale, l’hôtel du gouvernement ne connaît pas de modifications et certains témoins affirment que le bâtiment se trouvait dans un état de quasi- abandon ; au retour de l’île dans le giron de la France en 1814. Les guerres de la Révolution et de l’Empire, le blocus de l’île, l’occupation anglaise ont sacrifié l’entretien du bâtiment pendant de longues années.

En 1820, le baron de Millius, Gouverneur de l’île, prévoit - dans une lettre adressée au ministre de la Marine et des colonies- des travaux de réfection et d’amélioration du bâtiment. La colonie dispose de sérieux soutiens politiques et administratifs avec le placement sous la restauration de membres de la famille créole, les Desbassayns et surtout la présence au gouvernement de leur parent allié Joseph de Villèle. Ce dernier occupe des postes importants sous les gouvernements de Charles X.

En 1822, les travaux sont lancés. La remise en état est confiée à l’ingénieur colonial Gaudin. Un rapport ministériel du 30 août 1822 notera que Gaudin devra résoudre les problèmes d’infiltration des anciennes toitures. Le corps principal était doté sur chacune de ses parties centrales et latérales de toitures à quatre pans séparés. Il construit une toiture à longs pans éliminant de fait les chéneaux intermédiaires pouvant causer de problèmes d’infiltration d’eau. La toiture actuelle garde la même forme. L’ingénieur Gaudin renforce lesgaleries par des piliers et des colonnes supplémentaires.

C’est au cours de ces travaux qu’on voit l’ajout d’un avant-corps central qui vient protéger le vestibule d’entrée en offrant un espace intermédiaire avant le franchissement à l’intérieur du bâtiment. En façade principale, ce porche d’entrée remplit un rôle de monumentalisation de l’édifice. Son élévation est à trois niveaux. Le rez-de-chaussée est percé d’une seule porte centrale terminée sur sa partie supérieure par un arc en anse de panier. L’étage est à trois travées séparées par des pilastres sur lesquels est posé un pignon néoclassique au fronton décoré. Tout l’avant-corps est surmonté d’un dôme et d’un belvédère qui dominent l’édifice et la rade.

L’aspect général du bâtiment ne va pratiquement pas changer au cours du 19e siècle si on excepte l’élimination du dôme lors des travaux conduits en 1957 par l’architecte départemental Jean Hébrard.

JPEG - 389 ko

L’hôtel de la Préfecture
(Barachois - CLMH 1970, ISMH 2006 en totalité y compris le terrain d’assiette)

303481