17 octobre 2017
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Le Grand Marché

7 juil. 2014

« Faisons un détour et je vous montrerai un élégant bazar en fer où toute la ville vient s’approvisionner sans avoir à craindre, comme jadis, la boue, le soleil ».
Charles Leal, 1878

Le Grand Marché a une histoire riche et peu commune. Le 1er octobre 1816, une ordonnance de Bouvet De Lozier et Lanux transfère le marché officiel de Saint-Denis (auparavant sis derrière l’Église, future Cathédrale) à la place des Étuves. Le « Marché neuf », qui deviendra « Grand Marché » est né.

Au tout début, ce sont des étuves en bois qui donnent son nom au nouveau bazar. En 1863, la commune de Saint-Denis rachète le marché qui tombait alors en ruines, au Bureau de Bienfaisance. Il est ensuite reconstruit entre 1864 et 1866. Le chantier sera attribué au constructeur Georges et à l’architecte Péliard, sur concours, fait rare à l’époque.

Construit au centre ville dans l’actuelle rue Maréchal Leclerc, le Grand Marché de Saint-Denis est bordé au nord par cette rue, à l’ouest par la rue Lucien Gasparin (ancienne rue du Canal), à l’est par un petit parking et au sud par diverses constructions. Il fut le premier ouvrage civil en fonte d’art de la colonie.

Une architecture novatrice

Sa structure métallique est typique des réalisations de la seconde moitié du XIXe siècle. Les halles proprement dites, en fonte et fer forgé, comme les grilles qui les séparent de la rue Maréchal Leclerc, sont recouvertes de tôle. Elles sont fermées à l’Ouest par un bâtiment récent, au nord par un théâtre et à l’est par un bâtiment abritant des échoppes et une annexe de la mairie.

Les halles sont constituées de huit pavillons répartis de part et d’autre de l’allée centrale. L’ensemble est construit en métal, colonnes, pièces d’assemblage, décor en fonte, pannes en acier, couverture en tôle nervurée. Si les éléments de décors ( base des colonnes, chapiteaux, jambettes) sont conformes au dessin publié en 1864, les dispositions générales du plan ont été modifiées. Deux pavillons n’ont pas été construits et l’allée centrale est couverte, permettant ainsi de donner à l’ouvrage une monumentalité qui était absente du projet publié. Plus que la symétrie de la construction autour de l’allée centrale, c’est le décor en fonte de sa forme principale qui marque le caractère monumental de l’ouvrage.

Construit à partir d’éléments pré-fabriqués, le Grand Marché de Saint-Denis est à l’image de beaucoup de halles construites en Métropole sous le Second Empire. A La Réunion, il s’agit du principal bâtiment conservé ( avec le marché couvert de Saint-Pierre et l’Église du Rosaire à la Rivière Saint-Louis), construit à partir de tels éléments modulaires et moulés, avec un important souci du décor.

La construction de cet édifice s’inscrit en tous les cas dans les réalisations qu’autorisait la prospérité économique de l’île avant 1870. L’importance de la construction, son caractère monumental, le peu de modification subies depuis son édification, ont justifié son inscription à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1997.

( Rue Maréchal Leclerc – ISMH en 1997)

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