18 août 2017
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Notre-Dame de la Délivrance

7 juil. 2014

L’église Notre-Dame de la Délivrance présente un exemple rare, encore existant, d’un programme complet de construction cultuelle au XIXe siècle, qui a conservé l’essentiel de son décor et de son mobilier originel.

L’église témoigne de la diffusion du néogothique dans les colonies françaises et doit être considérée comme l’exemple le plus abouti de cette inspiration à La Réunion. En 1860, une chapelle de bois est ouverte au culte, mais le sanctuaire devient vite délabré et exigu. Le culte de la Vierge rencontre alors un large succès et drainait des dévots venant de toute l’île, sans compter la population de la Petite-Île et du Bas de la Rivière qui allait en croissant.

Le père Berthomieu remarque, sur le site de La Providence, les matériaux d’une église abandonnée. Il s’agit des débuts de la construction d’une église entreprise par les pères du Saint-Esprit. Propriétaire des lieux, le Conseil Général fit don des matériaux à la commune, pour la réalisation de Notre-Dame de la Délivrance. La construction du lieu de culte dure de 1893 à 1897. Les façades latérales connaissent leur finition entre 1900 et 1910.

L’édifice, de plan allongé, mesure 46 mètres de long, sur 18 mètres de large. Il est construit en moellons de pierre volcanique avec des joints tirés à la pointe. La façade est de style gothique toscan, encore largement en usage en métropole durant la seconde moitié du XIXe siècle.

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Le portail principal est formé d’un arc brisé à voussures constituées de fines colonnettes ornées de chapiteaux à motifs floraux encadrés par deux portails latéraux. Les piliers quadrangulaires qui rythment la façade sont surmontés de pinacles appareillés en pierres de taille dont la couleur gris foncé s’oppose aux zones enduites, créant un chromatisme noir et ocre.

Ce portail principal est surmonté d’une rosace. Le décor extérieur sculpté : les quatre pinacles de la façade sont surmontés de fleurons taillés dans la pierre volcanique. Au sommet de la façade se trouve la statue de la vierge en fonte de fer. Au-dessous, sous les pinacles centraux se trouvent les statues monumentales en terre cuite des parents de Marie. À droite, Saint Joachim et à gauche Sainte Anne. Autres statues de la façade principale sont en terre cuite et représentent des saints. Les pièces statutaires en terre cuites ont été commandées à la maison Tête à Lyon.

Les façades latérales sont rythmées de contreforts en maçonnerie de moellons dont l’enduit est décoré de tracés d’un faux appareillage. Les emmarchements en pierres de taille.

L’intérieur de l’église est formé de trois vaisseaux dont la nef se termine par un chœur à pans coupés, ainsi que les deux absidioles. La nef et les collatéraux sont éclairés par des fenêtres en arc brisé, fermées par des croisées munies de vitraux. Dans la première travée, deux vitraux sont signés des ateliers Bessac à Grenoble. Le premier représente Notre-Dame de la Merci. Il fait l’objet d’une forte dévotion comme l’atteste les nombreuses plaque de cuivre ou de marbre, incrustés dans le mur. Dans la dernière travée, le même type de vitrail est repris. Ils sont datés de 1929. L’un représente le Christ portant le calice, tandis que le suivant commémore les morts de la guerre 14-18 originaires de la paroisse.

La charpente métallique fut commandée aux ateliers Cail, ainsi que les fausses voûtes d’arêtes en tôle et disposées au-dessus de la nef et des bas-côtés. La décoration homogène de l’église constitue avec son mobilier liturgique l’intérêt majeur de l’intérieur de l’édifice. Il a bénéficié au début du XXe de la large contribution de deux curés artistes le père Meillorat pour le mobilier liturgique et le père Fulbert pour les peintures.

Outre le culte de Saint Expédit (l’un des seuls dans une église à La Réunion), la beauté des peintures et des décorations de cet endroit en font un des bijoux de la ville. C’est, par ailleurs, un lieu de pèlerinage catholique qui compte parmi les plus fréquentés de l’île.

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(Place de la Délivrance - CLMH 29 décembre 2005)

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