ESCLAVE À TALENT - ZESKLAV KAPAB

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LES TALENTS DE LA TANNERIE ET DU MÉTIER DU CUIR

ILET QUINQUINA
Métier technique où les esclaves à Talent traitaient les peaux de certains animaux, tels que le boeuf où l’âne. Le processus de tannage impliquait l’utilisation de l’eau ainsi qu’un traitement végétal ou chimique, le tout grâce à des installations et un outillage adaptés (cuves, fosses, foulons de tannage, etc.) permettant de transformer la peau brute en cuir tanné. Ce cuir partait ensuite chez d’autres ateliers spécialisés tels que : la cordonnerie (botte, sandale, protection de jambes pour cavalier, tablier pour forgeron…, la maroquinerie (besace, malle, chapeau…), sellier-garnisseur (selle de cheval, rênes d’attelage, étui de monture…), reluire et doreur (couverture de livre et de registre administratif…). Il existait à cette époque une tannerie à La Source, près du Camp Ruisseau des Noirs, et une autre au quartier des artisans au Bas de La Rivière Saint Denis.

LES TALENTS DU PORTAGE D’EAU

DOMENJOD / LA BRETAGNE
Métier d’endurance et surtout technique, que se soit par takony, ou par charroie, l’équilibrage, l’efficacité demande une grande maitrise des volumes. L’approvisionnement en eau par portage est un relais entre les cours d’eau naturel, et les infrastructures hydrographiques tels que les canaux d’adductions ou les bassins de rétention qui n’étaient développés sur toute la colonie. Les outils développés pour récupérer l’eau sont élaborés et utilisés de manière technique. D’autant qu’à cette époque, ces techniques et outils sont inspirés de différentes sociétés culturelles telles que l’Europe, Madagascar, le Moyen Orient, L’Inde et l’Extrême Orient.

LES TALENTS DE LA PÊCHE EN RIVIÈRE ET EN MER

PRIMAT
Métier hautement technique malgré l’abondance de l’époque. Que se soit de la pêche à quai avec des tramails, aux embouchures avec des vouves ou des canne à pêche, que se soit en rivière avec des fouines ou ligne à poser, que se soit à bord d’embarcation (chaloupe) pour la pêche de fond à la cale, que se soit par plongée, tous ces aspects de la pêche côtière demandaient une réellement connaissance de l’environnement maritime et astral. Savoir lire les courants marins, lire les astres et la lune, savoir lire les saisons et périodes, maitriser les repères de côtes et sous-marine. Les esclaves à Talents ont développé aux côtés de leur maître ou commandeur les savoir-faire de la pêcherie locale tout autour de l’île. Cette capacité d’adaptation a demandé la création d’outillage cohérent avec les ressources halieutiques réunionnaises que se soit en mer ou en rivière.

LES TALENTS COUPEUR DE BOIS ET CHARBONNIER

LE BRÛLÉ
Combustible essentiel dans l’univers domestique du 18éme jusqu’à 19ème siècle, entre autres pour la cuisine à charbon et l’usage des fers à repasser. Dans l’univers des autres Talents, on retrouve le charbon chez le forgeron ou chez le maréchal ferrant. Sur la capitale Saint Denis, les fours et lieux de production de charbon étaient situé en hauteur, sur le village dit du Brûlé. C’est en ce terme toponymique que ce village qui laissait échapper des fumeroles à longueur de temps trouva son nom. Du bord de mer dionysien, un décor des Hauts dressé de ces fumerolles faisait penser au Grand Brûlé du Volcan du côté de Sainte Rose. La charbonnerie a été une activité dévastatrice de l’environnement naturel, Bois de Branle, Bois d’Arnette, tous autres arbres à bois denses et non-toxique. Le travail était harassant et technique car il fallait couper le bois en fagots avec lesquels ont formé le four que l’on recouvrait de branchages verts et de terre ensuite, avant d’y mettre le feu et le laisser consumer des heures voir des jours. L’idée était d’en faire du charbon et non pas de la cendre, une surveillance accrue jour et nuit était de rigueur dans une atmosphère de fumée irrespirable. Lorsque le charbon était prêt, la phase de la mise en goni de transport prenait le relais pour une distribution des Hauts vers les Bas, du marché de gros au marché au détail.

LES TALENTS DU CHARROIE

LE CHAUDRON - BOIS DE NÈFLES
Métier de transport d’un point à un autre, bien souvent avec plusieurs aller-retour. Le charroie s’opérait principalement à charrette tractée par des animaux ou par des hommes. Charrette à caisse (corail, canne, sel, rhum, goni, etc..), charrette à plateau (longues pièces telles des troncs d’arbres ou des mâts de bateau, planches, poutre,…). Le mot « charroie » va s’installer définitivement avec le verbe d’action « charoyé ». Les esclaves à Talent qui oeuvraient à cette tâche laborieuse avaient de fortes aptitudes de rangement, de stockage et de répartition des poids. L’autre partie technique était les manoeuvres sur le parcours que se soit en côte ou en pente, là, plusieurs esclavisés assuraient le rôle de frein pour la charrette avec tout son poids de chargement, d’autres dirigeaient l’embarcation. Le charroie était assuré par un équipage d’esclave à Talent.

LES TALENTS DE LA MINOTERIE ET DE LA FÉCULERIE

LE MOUFIA
La féculerie et la minoterie sont deux activités pleinement dans le domaine de l’agro-alimentaire. Conditionner les aliments pour les stocker est une des principales contraintes de la colonie. Les productions saisonnières doivent assurer le remplissage des réserves alimentaires de l’île. Pour cela, le conditionnement des racines tels que le manioc (farine, tapioca), le songe, le conflor (poudre), arrow-root (poudre), mais notamment les légumineuses (haricots, pois, lentilles , embérique, antacs, embrevate, ….). La minoterie assure également la transformation des productions agricoles sous différentes formes, exemple le maïs : en tison, ou cassé ou lanmsim, ou en soso. Une transformation du blé produit à La Réunion était assurée dans certaines minoteries del’île pour l’alimentation des boulangeries, entre autre la boulangerie Coloniale du Bas de la Rivière Saint Denis. Les esclaves à Talents qui travaillaient dans ces deux espaces n’avaient pas de répit. De la matière brute à la transformation et au conditionnement, il fallait également assurer le stockage dans les dépôts.

LES TALENTS DE LA BLANCHISSERIE ET DU PORTAGE D’EAU

SAINTE CLOTILDE - LE MOUFIA 2
Deux activités d’esclave à Talent qui tourne autour de l’eau. Appelée blanchisseuse, lavandière ou lingère, ces trois appellations faisaient allusion à une seule activité de polyvalence. Autrefois pour les blanchisseuses lorsqu’elles lavaient le vêtement des grandes personnalités, il faillait y découdre les boutons qui pouvaient se casser car ils étaient parfois en céramique, ou en noix de coco. Ce n’était qu’après le lavage au battoir et le séchage que les boutons étaient recousus avant leur mise en étagère par la lingère.

LES TALENTS DU LAVOIR ET SES LAVANDIÈRES

LA SOURCE
Le lavoir comme son nom l’indique est un espace dédié au lavage pour les habits et tous autres pièces textile à usage domestique. Situé en périphérie du coeur de ville (ville néoclassique), dans un rayonnement de plusieurs de plusieurs camps d’esclaves (Camp Giron, Camp Callixte, Camp Ruisseau des Noirs, camps des Gens Libres), le lavoir est un haut-lieu de rassemblement pour les Talents-Lavandières. Alimenté par le canal d’eau du Ruisseau des Noirs, l’activité quotidienne ne tarit jamais. « Lavé, percé, mèt sek », ça discutait, ça racontait, ça chantait, ça se transmettait, tout en effectuant des gestes techniques et précis propres à chaque types de vêtement et de textiles. Le lavoir était donc lieu de rencontre et social entre les personnes esclavisées travaillant pour différents propriétaires et résidant même dans les différents camps autour. Bien souvent, quand on naissait de parent lavandière, on était voué à être lavandière. Le Lavoir, patrimoine architectural populaire existe toujours, mais celui-ci n’est plus aussi fréquenté qu’à l’époque. L’activité a démarré depuis la période de l’esclavage jusque dans les dernières années du 20ème siècle. Les lavandières ont été remplacées par la modernité des machines-outils, c’est-à-dire, par la machine à laver familiale, et les laveries collectives.

LES TALENTS DE TAILLEUR DE PIERRE

MARCADET - SAINT JACQUES
Métier d’art qui utilise un matériau minéral que l’île en regorge depuis sa naissance. Le basalte, la roche bleue, a été utilisé à toutes les strates de l’architecture réunionnaise (mur de ceinture, tenant de portail, marche d’escalier, caveau funéraire, trottoir, Socle de statue et de bassin d’apparat, fontaine public,…), mais notamment dans la confection d’objets utilitaire (pilon, moulin maïs, lampe à huile, …). Les tailleurs de pierre sont parmi les premiers artisans qui sont arrivés dans l’île suite au projet d’installation définitive. Artisans modeste au départ de l’Europe, ils viennent chercher une meilleur situation et entre autres un statut de « Maître d’oeuvre » qu’on leur promet pour motiver leur engagement. Arrivés sur place, ils formeront des esclaves qui prendront le statut d’esclave à talent de par les connaissances techniques et pointues de ce métier d’art.

LES TALENTS DE LA DISTILLERIE

LE VAUBAN
Parmi les cultures de rente et économique visible dans cette période, les plantes à senteur font partie des ressources à exploiter. On parle souvent de vétiver et de géranium, mais une autre plante est également présente, c’est l’ylang-ylang. Cette arbuste qui est un fixateur important de parfum, croît en basse altitude, on décrit à cette époque une petite exploitation près du Camp Latanier au Vauban. Extraire les essence de plantes demande une franche maîtrise des alambics et des aspects techniques que ces derniers nécessitent en terme de température du feu de cuisson, de la montée des vapeurs d’eau et d’huile dans l’alchimie de l’extraction. L’approvisionnement en plantes à essence, en eau pour distiller et en bois de chauffe était incessant en pleine saison de récolte. Des personnes esclavisées étaient experts en ces domaines tant pour la cuisson que pour la classification qualitative dans les rendus en essence et en hydrolat.

LES TALENTS DE MATRONE, DE LAITIER ET DE TISANEUR

LES CAMÉLIAS - LA PROVIDENCE
On pourrait s’y méprendre mais ces trois champs de talents sont liés. La matrone qui accompagne et aide à la naissance, le lait qui est l’aliment infantile dédié, et la tisanerie qui accompagne l’être humain de la naissance à la vieillesse dans l’apaisement de la plupart de ses maux. Les savoirs qui accompagnent et nourrissent ses Talents sont un agglomérat de connaissances venant des différentes origines des esclavisés.

LES TALENTS DE COUTURIÈRE ET DE LINGÈRE

LE MONTGAILLARD - LA CHAUMIÈRE
Ce sont des Talents qui sont liés à l’univers du paraître. Dessiner un modèle féminin ou masculin dans un style venant d’Europe, tailler par un Talent issu d’Afrique ou de l’océan Indien était pour l’époque très courant à La Réunion. D’ailleurs chaque grande maison ou domaine qui se respectaient avait son propre couturier ou couturière sous son toit. C’était une fonction très occupé à confectionner ou a repriser. A ajouter la partie modiste avec la création des accessoires (sacs, foulard, chapeau, ombrelle, par-dessus, …).

LES TALENTS EN CULTURES VIVRIÈRES ET EN MINOTERIE

SAINT-FRANÇOIS
De la mise en plantation, à la transformation, les Talents-agricoles à l’époque de l’esclavage se devaient d’avoir de la ressource physique et mentale pour surmonter les conditions très difficiles de travail et le peu de diversité d’outils qu’ils avaient à leur disposition. Le relief des terrains agricoles et son approvisionnement en eau ne facilitaient pas la tâches selon les types de cultures produites sur la plantation. Dans les cultures vivrières, la production servaient à nourrir toutes les personnes vivant sur le domaine. Avec deux régimes alimentaires différents, une offre complète pour la famille du propriétaire et une offre rationnée et limitée pour les personnes esclavisées. Pour assurer les provisions, une grande partie de ces réserves alimentaires était conditionnée par le séchage et par le broyage de certaines denrées dans l’espace de minoterie. Quelque soit la taille du domaine, avoir ces savoir-faire sur l’exploitation demandait la présence de Talents esclavisés expérimentés à la connaissance de l’environnement agricole et agro-alimentaire.

LES TALENTS FORGERON

LA BELLEPIERRE
Symbiose entre le Feu, l’Eau et le Fer, menée de main de maître par un Talent dont la Force physique et mentale est inconstatable. L’atelier de forge est un savoir indispensable dans tous les domaines d’activité (les charrettes, les calèches, la construction architecturale, la charpente de marine, l’agriculture et l’élevage, les usines, la Défense, les geôles,…). Nombre de Talents ont pratiqué ce métier d’art. Consommateur de barre de métal, de charbon et d’eau, le forgeron est un métier d’Homme Fort. Cette caractéristique est importante car elle définit le profil de l’esclave choisi et formé pour exercer cette activité.

LES TALENTS DE VENDEUR BAZARDIER-LA-TÊTE

LE CENTRE-VILLE
Beaucoup de personnes esclavisées vendaient des productions agricoles en porte à porte à la criée. Ces ventes étaient ordonnées par leur maître qui leur fournissait par la même un billet leur autorisant à exercer ce type de vente. Bien souvent, c’étaient des Talents bazardiers qui venaient des hauteurs de la ville qui descendaient à pied en bas pour vendre les productions du domaine auquel ils appartenaient.

LES TALENTS BOULANGER

LE BAS DE LA RIVIÈRE
Dans les quatre coins de l’île, au travers des déclarations annuelles de production agricoles dans certains domaine, la culture du blé était belle et bien présente. Ce blé une fois récolté, transitait par les minoterie pour en faire une farine de sélection. Cette farine partait en grande partie dans les quelques boulangeries réparties sur la colonie. A Saint Denis, au bas de la Rivière, dans le quartiers des Talents-artisans, il y avait la boulangerie coloniale, d’où le nom de la rue encore présente aujourd’hui. Encore une fois, en ce lieu, l’alchimie entre la farine de Bourbon et l’eau était assurée par une vraie ruche de Talents. Du pétrin au four, du four à la vente, de la vente à la livraison, à toutes les étapes, les Talents étaient présents. D’ailleurs, en ces mêmes lieux, un pain venu d’ailleurs va faire son entrée et prendre sa place. Là d’où il vient, c’est à dire du monde arabo-perse, en passant par le monde swahili, les Comores, le Nord-Madagascar, on le nomme le « Moukatra », à Bourbon, sa phonétique va muer en « Macatia". C’est aussi ce que l’on va appeler vernaculairement « Le Pain de l’Esclave ».

LES TALENTS DU MOULIN À CADER / CHOCA DE LA CORDERIE

LA MONTAGNE
Plante exploitée pour sa fibre, le choca ou cader va marquer son empreinte visuelle dans presque tous les paysages de mi-pente de l’île. Les cordes confectionnées à partir de sa fibre se retrouveront dans tous les espaces possibles. Dans les usines et lieux de stockage pour le sucre, les épices, les productions de rentes vouées à l’export. Les embarcations maritimes que se soit sur les chaloupes ou les trois mâts. Les charrettes et autres véhicules de transport de marchandises. La corderie étaient un savoir-faire essentiel qui fournissait ses attaches à tous les espaces. De la culture du choca, à sa récolte et sa transformation, les Talents s’y appliquaient avec dextérité. Des habits complémentaires leur étaient nécessaire, surtout au moment du dépulpage de la feuille qui s’avère quelque peu urticante. Les moulins à cader vont au fil du temps se moderniser par des systèmes d’entrainement à vapeur puis thermique mais avant cette modernisation, c’est bien des esclaves à Talents qui assuraient cette énorme production.

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